Décès

Un Astre s'est éteint


posté par Miguel Soto le 13/10/2009 à 20h33




Hier, sous les coups de 23h, le monde apprenait avec choc et surprise la mort de Frank Vandenbroucke. Si les observateurs et fans cyclistes restent partagés sur l’homme et une carrière hors du commun sur tout les plans, le cyclisme perd l’un de ses joyaux des années 90-00, c’est une évidence.


Enfant terrible du cyclisme belge

Si c’est dans l’athlétisme qu’il effectuera ses premières armes, avec un titre de champion de Belgique pupille, c’est bien dans le vélo qu’il compte s’investir. Membre de plus d’une famille entièrement dévoué au cyclisme, neveu de Jean Luc, encore pro à cette époque, fils de Jean-Jacques, mécano, son destin le liait à une carrière sur 2 roues.

Enchainant les courses, voyant sa réputation grandir, personne ne doutait de sa capacité à passer professionnel. Mais lorsqu’à 18 ans, il décroche une médaille de bronze au championnat du monde juniors d’Athènes derrière Giuseppe Palumbo, cela allait pousser son neveu, Jean Luc, alors directeur sportif de la Lotto, à l’engager, tout d’abord en qualité de stagiaire en 1993.

Des lors, il impressionne. Il finit 21eme de Milan – San Remo, juste devant un certain Lance Armstrong. Convoité, le futur grand va rester au bercail en y signant son premier contrat pro pour 1994.
Il y remporte une étape du Tour Méditerranéen et Cholet-Pays De La Loire, avant de signer chez le grand rival, la Mapei, en plein mois d’Avril. Ce dernier acte sera perçu comme une trahison par son neveu, mais qui était nécessaire selon Franck pour devenir le cycliste qu’il était appelé à être.

Poursuivant sa progression, il enchaine les succès, le GP de l’Escaut, le GP de Plouay, le Trophée Laigueglia, le Tour Méditerranéen. Il va même finir à seulement 22 ans, 7eme du très exigeant Championnat de Zurich.


L’émancipation

Si 98 était alors l’année de l’avènement, en remportant Paris Nice, Gand Wevelgem, et en finissant 2ème du championnat de Zurich, juste derrière Michele Bartoli, c’est en 1999 qu’il va littéralement prendre son envol. Une signature très médiatisé à la Cofidis, qui lui permettait d’être le seul leader, l’électron libre. Il va amorcer les semi-classiques belges de la meilleure des façons en remportant le Het Volk, avant de participer au Tour des Flandres avec le statut de possible favori. Une course qui restera gravé dans les fans de l’épreuve, et un final à 3 opposant les 3 enfants terribles du plat pays, Johan Museeuw, VDB et Van Petegem. Si c’est ce dernier qui l’emporte, Frank avait déjà la tête ailleurs, à Paris Roubaix.

Son équipe lui refusant d’y participer, en préférant qu’il se concentre sur les ardennaises, VDB va protester a sa manière, en abandonnant Gand-Wevelgem. Intimidation réussit, puisqu’il pourra participer le dimanche même à l’enfer du nord.
Et le belge impressionne, il crée la sélection avec Nico Mattan, piège les Mapei, mais une chute va venir tout gâcher. Au final, une 7eme place. Résultat honorable pour n’importe quel coureur mais plus pour lui.

Et s’il enchaine avec difficulté les Ardennaises, son salut viendra dans la doyenne des classiques. Liège-Bastogne-Liège 99, une course devenue légendaire par ses assauts. Juste avant la course, il avait prévenu où il allait attaquer, sûr de sa force. Dans la côte de la Redoute, la Mapei prépare le terrain, Merckx fait mal à tout le monde, puis Bartoli embraye. Boogerd tente de le rattraper mais c’est une fusée rouge qui va rejoindre le champion italien. S’en suit une bataille mythique entre les deux avant que VDB n'ait le dernier mot. Si il se fait reprendre derrière, il reprouvera sa force en crucifiant Boogerd a Saint Nicholas, pour remporter à 24 ans seulement Liège-Bastogne-Liège.

Mais après cette grande victoire, le dopage le rattrape. Entendu et plus ou moins impliqué dans l’affaire du Docteur Mabuse, Bernard Sainz, qui était son entraineur de l’époque, il sera privé de course, la Cofidis le suspend provisoirement, mais il sera finalement acquitté. À cette même période suivra son premier divorce.

Il reprendra la compétition en Aout, avec un nouvel objectif en tête, les championnats du monde. En participant à la Vuelta, il voulait dit-il "oublier son ex", et juste pédaler, puis abandonner vers la 10eme étape. Mais VDB va reprendre vite gout à la vie et à la victoire, se montrant offensif, il finit 3eme a Ciudad Rodrigo et va y rencontrer sa future femme. Elle était hôtesse d’accueil pour la Saeco, et lui voulait l’impressionner. Il va alors continuer cette Vuelta avec l’envie de montrer qu’il est un grand coureur.
Chaque jour, il va attaquer, tenter, se montrer, mais il était toujours trop juste pour gagner, jusqu'à la 17eme étape, à Terruel. Une échappée fleuve de 10 coureurs, dont il va dicter le tempo, pour partir avec Odriozola, avant de le battre comme si de rien n’était au sprint. VDB est de retour. Mais c’est à Avila qu’il va marquer les esprits. Crevant littéralement l’écran, lorsque dans les contreforts de la citadelle Castillane, il explose Zarrabeitia et le groupe Ullrich-Heras. Il était devenu l’attraction du cyclisme, un Pantani a sa manière.

Les championnats du monde qui suivent ne voyaient qu’un seul favori, VDB, on se disait même qu’il était son seul adversaire. Mais une nouvelle fois, le destin en aura voulu autrement. Une chute qui allait toucher son poignet, et un surprenant espagnol encore inconnu du nom d’Oscar Freire allait empêcher le belge de porter le maillot Arc en Ciel.


La déchéance

Cette année 99 marquera, alors qu’il n’avait que 24-25 ans, l’apogée de sa carrière. S’ensuit, des années troublés par les affaires de dopage et les problèmes familiaux. On retrouve des produits prohibés chez lui, il va divorcer une seconde fois, il écûmera les équipes sans vraiment retrouver son véritable niveau, hormis une saison 2003 qui le voyait terminer 2eme à nouveau de la Ronde, battu une nouvelle fois par Van Petegem. Frank n’avait plus totalement la tête au cyclisme et c’est son mental fragile qui reprendra le dessus. Une tentative de suicide avortée, un passage en hôpital psychiatrique, et chaque année, le désir de revenir et laver son nom, mais son passé le rattrapera toujours. En 2009, il semble retrouver un équilibre. Si sur le plan sportif, il ne pourra courir aucune course majeure avec la modeste Cinelli managée par son ancien coequipier, Nico Mattan, il retravaille bien sa condition physique, et trouve par la suite un emploi stable.

Paradoxalement, c’est juste avant sa mort qu’on avait l’impression qu’il était de nouveau en vie, la quête d’un nouveau retour, mais cette fois ci, avec son ancien entraineur du temps de la Mapei, Aldo Sassi, derrière lui. VDB était resté malgré toutes ces années sans résultat probant, un nom, une star sans commune mesure dans le milieu du cyclisme belge, une histoire, qui rappellera forcement celle vécu par un autre pirate et homme hors du commun, Marco Pantani.


Plus qu’un cycliste

L’homme Vandenbroucke dépasse le stade du simple cycliste. Comme il le reconnait lui-même, il aime être le centre d’attention, n’hésitant pas à dire ce qu’il pense. Patrick Lefevere, son ancien manager, retient de lui qu’il parlait 5 langues, un homme très intelligent. Philippe Gaumont voyait en lui un fou du cyclisme, dans le bon sens du terme. Vandenbroucke représente à l’instar de Pantani, un homme qui savait nous donner des émotions, dans le meilleur comme dans le mauvais, et qui était tout simplement un véritable personnage, en somme, ce qui manque cruellement dans le cyclisme moderne.


Crédit photo : flickr

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Les commentaires

Un de mes ami encore parti la vie est injuste;adieu frank je ne t oublirai jamais...?a va etre dur de passer sur tes route d entrainement et de ne plus te voire...........

hub' le 13/10/2009 à 20h48

RIP <3

M. T le 13/10/2009 à 20h48

Quel gachi! C'?tais un gros moteur digne des plus grands qui n'a jamais su s'entourer. Il nous manquera comme Marco.

yoyo le 13/10/2009 à 20h57

un grand homme qui a fait vivre le cyclisme! Malheuresement les d?rives de ce sport l'ont tu?s a petit feu! Triste! Repose toi enfin champion!

El diablo le 13/10/2009 à 20h58

Qui sera le prochain car on se doute bien qu'il y aura encore des cas de ce genre

Hamilton ?

Medor le 13/10/2009 à 21h02

Sp?cial mais ne laissait pas indiff?rent. Triste ? 34 ans et triste d'avoir rat? une carri?re qui aurait pu ?tre formidable avec un palmar?s ?norme. Il avait la classe. Mais la drogue tue, elle abaisse la force psychique et c'est difficile de se d?sintoxiquer.

guy le 13/10/2009 à 21h39

heureuse de t'avoir connu franck et on t'oublira pas

ceed

CED le 14/10/2009 à 11h51

il sera en paix plus personne pour l'emmerder
triste pour les deux gamines

Donald le 14/10/2009 à 19h46

Un fou du cyclisme, un g?nie du cyclisme

chclemch le 15/10/2009 à 22h37

we have to find a way to stop them doing the drugs. RIP

Jon le 19/10/2009 à 23h39

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